Innovations attendues
A l'heure actuelle, il n'est pas possible à un industriel de considérer un équipement de Réalité Virtuelle, comme un moyen clé en main, " pris sur étagère " et directement intégrable dans sa chaîne technique de conception. Cela réduit les premières utilisations de moyens de réalité virtuelle dans le cadre de maquettes numériques à un nombre réduit d'experts chez quelques grands industriels.
A cela plusieurs raisons :

  • les éditeurs de logiciels de CFAO et de Calcul Scientifique n'en sont qu'au début de leur prise en considération des équipements RV ; les plus hardis n'en sont qu'aux annonces d'un plan marketing. Il faut donc de ce fait intégrer des outils logiciels nouveaux pour l'entreprise,
  • l'offre logicielle est faible et ne permet aujourd'hui que de la visualisation : on peut manipuler des modèles conçus ailleurs ou des résultats de calcul issus de solveurs extérieurs, mais il n'est pas possible de modifier les modèles ou les conditions de calcul. Ceci est une lacune importante pour les industriels,
  • cette offre logicielle est fournie par une poignée d'éditeurs, jeunes start-ups issues d'instituts de recherche ou bien de ces instituts eux-mêmes et les logiciels en sont à leurs premières versions aux fonctionnalités réduites,
  • pour intégrer ces nouveaux logiciels, il faut faire appel à des conversions de données ; on utilise toujours des modèles facettisés ; les chaînes de conversion sont plus ou moins faciles mais de toutes façons, elles sont aujourd'hui insuffisantes, ne restituant pas, par exemple les textures ou les structures d'assemblage de pièces,
  • Les matériels d'interface homme-machine sont encore des prototypes (bras à retour d'efforts, casques, gants), dont les performances doivent progresser et les coûts se réduire,
  • e mode de communication avec le monde virtuel est encore déroutant et les environnements actuels inappropriés : la souris et le clavier ne sont d'aucune utilité quand on est debout dans un système de visualisation immersif, équipé de lunettes à vision stéréoscopique. Les fournisseurs offrent de premières réponses, mais les industriels vont avoir à découvrir et à exprimer leurs besoins ; des produits spécifiques apparaîtront : on peut imaginer qu'un styliste n'aura pas les mêmes exigences qu'un motoriste.

On peut donc s'attendre qu'au cours de l'expérimentation apparaissent des besoins pour :

  • des interfaces homme-machine innovantes mêlant étroitement matériel et logiciel : bras à retour d'efforts, casques, gants, menus 3D en relief, pilotage par la voix'
  • des logiciels métiers : le styliste qui veut retrouver ses sensations physiques,
  • des chaînes de conversions de données respectant mieux la richesse des logiciels de conception et de calcul,
  • des automates pour ces conversions,
  • l'intégration de ces matériels et logiciels aux offres standard de logiciel,
  • l'interaction coopérative en local et à distance (environnement virtuel distribué et coopératif),
  • la simulation virtuelle distribuée,
  • etc.'

Les innovations attendues de perfrv regrouperont, d'une part, la spécification des outils devant conduire à intégrer de nouvelle fonctionnalités dans les chaînes logicielle du futur et, d'autre part, le prototypage de nouvelle solutions à des fin de validation fonctionnelle de ces nouvelles fonctionnalités. La multiplicité applicative des acteurs de perfrv ainsi que les réels dialogues et collaborations proposées dans le projet est un gage sur la généralité des innovations logicielles élaborées au cours du fonctionnement de perfrv.

On veillera, par ailleurs, à ce que les outils et les méthodes associées développées dans le projet, soient conformes aux objectifs définis au niveau européen et concernant la mise en oeuvre de maquette numérique dans un contexte d'ingénierie concourante (Concurrent Engineering).

Parallèlement de fortes avancées sont attendues par les industriels en terme de méthodologie et d'organisation du travail. Les évaluations approfondies de systèmes de visualisation et d'interaction en réalité virtuelle menées dans perfrv dans le cadre de besoins industriels concrets (par exemple, dans le secteur automobile, les métiers visés sont ceux du style et de l'architecture véhicule, des implantations industrielles et des postes de travail), ont pour objectifs :

  • de mesurer concrètement l'intérêt technique et économique de ce type d'équipement,
  • de vérifier la capacité d'appropriation par les équipes de conception de cette nouvelle technologie et d'envisager les plans d'action à construire pour favoriser cette appropriation,
  • de définir avec précisions le cahier des charges pour cet investissement,
  • d'engager la courbe d'apprentissage de cette technologie au plus tôt,
  • de mettre au point une méthodologie d'usage pour chaque métier,
  • de positionner cet usage par rapport aux jalons du processus de développement actuel,
  • de mettre au point les chaînes de traitement informatique pour échanger de façon fluide des données avec la CAO et avec la Maquette Numérique,
  • d'envisager dès maintenant les impacts possibles dans le travail coopératif multi-sites, en particulier avec les fournisseurs majeurs.