Retombées commerciales et industrielles
Pour nombre d'industriels, les enjeux de la Réalité Virtuelle concernent non seulement la réduction des délais de conception et donc des coûts qui en découle, mais aussi tous les aspects du cycle de vie du produit. Une meilleure et précoce définition du produit et de son environnement, permet de prendre en compte, dès les phases de conception préliminaires, l'industrialisation associée ainsi que les aspects commercialisation, maintenance et support. Il s'en déduit une réduction des coûts de définition et des coûts récurrents associés à toute la vie du produit. Ces aspects sont très importants dans le cas des systèmes complexes, dangereux ou chers et en particulier à vie longue (20 ans voire plus), dans des domaines tels que : aéronautique, militaire, transport, énergie nucléaire, '

En effet, aujourd'hui, un nombre important de jalons du cycle de développement du produit sont franchis en appuyant les décisions sur des prototypes physiques. Désormais la CAO, le Calcul et la Simulation ainsi que la Maquette Numérique permettent de mettre à disposition des équipes projets les données concernant les différentes hypothèses techniques. S'appuyant sur les données de la Maquette Numérique mais aussi sur celles du style et du plan de forme, les technologies de la Réalité Virtuelle permettent d'envisager de nouvelles pistes pour des décisions anticipées en minimisant le recours au physique.

La Réalité Virtuelle dépasse le cadre de la simple visualisation : elle permet de placer l'équipe au coeur même du projet et d'interagir avec lui. Les différentes fonctions (recherche, développement, achat, production, commerce, fournisseurs et parfois même clients) peuvent partager rapidement une vision commune du projet : la communication est facilitée, les problèmes sont détectés plus rapidement et un certain nombre d'incompréhensions entre divers métiers sont évitées.

Pour mémoire, Daimler-Chrysler, qui a inauguré en avril son nouveau Virtual Reality Center, dans lequel se trouvent 2 CAVES, programme une réduction du budget des maquettes et prototypes physiques de 20% et un gain de plusieurs mois du cycle de développement.

Pour ce qui concerne les retombées commerciales prévisibles, elles concernent l'offre logicielle et matérielle qui devra se développer pour donner des réponses aux attentes des métiers des différents partenaire de perfrv.

Pour se construire, l'offre logicielle pourra s'appuyer sur une partie des délivrables du projet et plus particulièrement :

  • la définition des chaînes de conversion de données à partir des outils de CAO et de Maquette Numérique,
  • la spécification d'interfaces homme-machine personnalisées aux différents métiers,
  • la spécification d'applications métiers,
  • les démonstrateurs qui serviront de support de référence.

Concernant l'offre matérielle pour les périphériques de réalité virtuelle issus de perfrv, le consortium prendra contact avec les industriels susceptibles de prendre à leur charge la production et la distribution de ces organes. Nous avons sans doute là l'occasion de démarrer une start-up qui occuperait une place dans ce domaine dans lequel la France présente un retard vis-à-vis de pays comme les Etats-Unis. Cette dernière concurrence représente un challenge atteignable pour une start-up, car dans ces technologies en émergence, les tailles des sociétés leader du marché sont encore faibles (10 à 30 employés par société). Pour ce faire, en particulier, le CEA, le CNRS-Ile-de-France Sud, l'Université de Paris-XI et Aérospatiale-Matra Développement se sont alliés pour créer un incubateur. L'un des buts de cet incubateur est de mettre sur le marché les innovations des laboratoires comme le CEA/CEREM et le LRP, et de fournir l'aide juridique, légale et marketing. L'assistance technique nécessaire au démarrage étant fournie par les laboratoires.
En parallèle avec cette démarche de recherche de partenariat industriel, et de création d'entreprise, le CEA lance dans le cadre du programme émergeant " Interface Homme Machine " de la DTA, d'importants développements technologique pour concevoir de nouveaux composants (matériaux, actionneurs, capteurs), qui permettront de diminuer sensiblement le coût des futurs organes haptiques.

L'exploitation des résultats (prototypes) issus de perfrv, passe par une phase d'industrialisation que l'ADEPA accompagnera en s'appuyant sur les moyens offerts dans des cadre tels qu'EUREKA qui seront utilisés pour monter des projets de commercialisation de produits RV. L'ADEPA a une bonne expérience de ce type d'ingénierie financière.