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On sait que le but de l'immersion
consiste à amener l'opérateur à oublier qu'il se trouve
dans un monde de nature virtuelle pour se convaincre qu'il
est dans un monde physique réel. Le succès de l'immersion
est en particulier relié à la capacité de générer à partir
du monde virtuel les mêmes signaux sensoriels que ceux qu'un
homme reçoit d'un monde réel. Or ce monde réel s'adresse
à l'ensemble de nos sens et on ne sait pas bien, sinon pas
du tout, comment le système perceptif global de l'homme
fonctionne véritablement, en particulier dans la coopération
entre sens et dans la substitution de sens. Néanmoins on
sait que pour toute réalisation de tâche physique par un
homme, l'usage de la vision et du sens haptique assurent
un rôle essentiel. L'objectif consiste donc à trouver quelques
indications sûres sur les rapports entre ces deux sensations
dans l'efficacité d'action et l'efficacité du sentiment
d'immersion. On ne peut ici que rappeler quelques grandes
classes de facteurs intervenant dans le problème :
- Du côté du système de visualisation
: ses qualifications propres. On peut en lister une bonne
vingtaine (relief, fréquence de rafraîchissement de l'image,
point de vue, couleur, texture, résolution etc.).
- Du côté du système de retours
haptiques : le problème est encore plus complexe pour
sa qualification (forme et zones de contact main-organe
haptique, position et amplitude des retours d'effort,
présence de retours tactiles qui peuvent être très variés,
ergonomie, nature de la tâche à réaliser, temps réel des
retours).
- Du côté de l'opérateur :
habilité naturelle, apprentissage, présence d'autres retours
sensoriels, ergonomie de la configuration de travail.
En fonction de tout ce qui précède
l'opérateur va adapter une stratégie d'action qui va mettre
dans une relation hiérarchique et temporelle l'usage séquentiel
ou parallèle de la vision et du sens haptique. Il s'agit
donc d'identifier ces stratégies et de les mettre en rapport
avec chacun des facteurs précédents. Naturellement un travail
exhaustif est hors de portée. Il faut donc figer l'essentiel
des facteurs influents dans des configurations expérimentales
amenant le maximum de signification aux mesures. Un gros
défaut qui est une chance en l'occurrence, c'est que la
teneur essentielle du système de visualisation comme celle
du système haptique seront largement imposées par les systèmes
à disposition.
On devrait arriver à la possibilité
de tests comparatifs de systèmes une fois établie l'influence
de facteurs prépondérants et à portée de variation pour
un ensemble expérimental donné qui servirait de référence.
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